Sommaire
  1. Le plan de communication d’un restaurant, moment par moment
  2. Par où commencer selon votre situation
  3. Définir sa cible et ses objectifs avant de communiquer
  4. Un site web, utile ou pas ?
  5. Être trouvé : la fiche Google
  6. Rassurer : les avis clients
  7. Donner envie : les photos de plats
  8. Se voir dans la rue : affiches et supports imprimés
  9. Les réseaux sociaux du restaurant sans s’y épuiser
  10. Le fichier clients et la newsletter : ce que la loi demande
  11. Plateformes de réservation et de livraison : visibilité contre commission
  12. Les erreurs qui coûtent le plus
  13. Mesurer ce qui marche dans votre marketing
  14. Les dossiers voisins

Avant de pousser la porte, un client cherche, compare et regarde des photos. Ce dossier rassemble ce qu’un restaurant, un café ou un bar peut faire pour être trouvé et donner envie : la fiche Google, les avis, les photos de plats, les affiches, les réseaux sociaux et le fichier clients, avec des kits à télécharger. Il s’adresse à la personne qui ouvre, à celle qui reprend une affaire et à celle qui veut remplir ses jours creux, sans graphiste ni service marketing.

En bref

Le marketing d’un restaurant suit un ordre : être trouvé (la fiche Google), rassurer (les avis et vos réponses), donner envie (les photos et la carte), rappeler (affiches, réseaux, fichier clients). La fiche Google est gratuite et aucune place ne s’y achète ; la plus grande partie du plan ci-dessous se fait sans logiciel payant, en une à deux heures par semaine une fois l’établissement lancé.

Le plan de communication d’un restaurant, moment par moment

Un plan marketing de restaurant n’est pas une liste d’idées : c’est ce que vous faites à chaque moment de la vie de l’établissement, avec le temps que cela demande. Voici le nôtre, en quatre moments. Les temps sont des repères de la rédaction pour un petit établissement, à ajuster ; les coûts distinguent ce qui est gratuit, ce qui coûte une impression et ce qui relève de la publicité payante.

Moment Action Support Coût Temps
Avant l’ouverture Créer et valider la fiche Google, saisir menu et horaires Fiche d’établissement Google Gratuit 20 à 30 min, puis le délai de validation
Avant l’ouverture Photographier la façade, la salle et les plats de la carte Smartphone, lumière du jour Gratuit Une demi-journée pendant les essais en cuisine
Avant l’ouverture Ouvrir un compte sur un réseau social et annoncer la date Instagram ou Facebook Gratuit hors publicité 1 h
Lancement (4 premières semaines) Affiche de la date d’ouverture et du menu en vitrine Affiche A4 ou A3 Impression 30 min
Lancement Demander un avis aux premiers clients satisfaits Code QR sur l’addition Impression Au fil du service
Lancement Répondre à chaque avis, positif ou négatif Fiche Google Gratuit 15 à 30 min par semaine
Routine (chaque semaine) Menu du jour en vitrine et en publication Affiche du jour, story ou post Impression 10 min par jour
Routine Mettre à jour la fiche : horaires exceptionnels, menu, photos Fiche Google Gratuit 10 min par semaine
Routine Publier une ou deux fois sur un réseau Instagram ou Facebook Gratuit hors publicité 1 h par semaine
Creux de saison Annoncer un événement ou une formule de jour creux Affiche, post, e-mail aux clients inscrits Impression 1 à 2 h pour préparer
Creux de saison Envoyer une lettre d’information aux clients qui l’ont acceptée E-mail Gratuit ou abonnement selon l’outil 1 h par envoi
Creux de saison Annoncer la fermeture annuelle et la réouverture Affiche, fiche Google, post Impression 15 min

Ce qu’il faut retenir : la plus grande part du travail se fait avant l’ouverture, une fois ; ensuite, la routine tient en quelques créneaux courts. La publicité payante (réseaux sociaux, annonces Google) vient en dernier, quand la fiche, les avis et les photos sont en place : elle amène du monde vers une vitrine qui doit déjà donner envie.

Par où commencer selon votre situation

  • Si vous ouvrez

    la fiche Google d’abord, avant même l’enseigne définitive si possible, puis les photos pendant les essais, puis l’affiche de lancement.

  • Si vous reprenez une affaire

    revendiquez la fiche existante, mettez à jour nom, horaires et menu, et répondez aux derniers avis en précisant le changement d’équipe.

  • Si vous voulez remplir vos jours creux

    un événement ou une formule propre à ces jours, annoncés en vitrine, sur la fiche et auprès des clients qui ont accepté vos messages.

Pour un food truck, la logique est la même avec une différence : l’emplacement change, la fiche Google et les réseaux annoncent donc chaque jour où vous trouver.

Dans les trois cas, l’ordre reste le même : on ne fait pas de publicité pour une fiche vide ou une carte illisible. Le meilleur investissement des premières semaines est souvent le temps passé à répondre aux avis et à photographier correctement la carte.

Définir sa cible et ses objectifs avant de communiquer

Une stratégie marketing de restaurant tient en deux questions : qui voulez-vous attirer, et pour quel moment de la semaine ? Un restaurant de quartier qui vit du déjeuner des bureaux voisins ne communique pas comme une table du soir qui attire des clients venus de plus loin, ni comme un bar qui veut remplir ses débuts de soirée.

Écrivez votre cible en une phrase (« les salariés du quartier, le midi, en semaine ») et un objectif mesurable par moment creux (« 20 couverts de plus le mardi midi »). Regardez ensuite ce que proposent les établissements de la concurrence autour de vous : leur fiche Google, leurs photos, leurs prix affichés. Ce que vous faites mieux qu’eux, dit simplement, devient votre message : le fait maison, la terrasse au soleil, le service rapide, le prix de la formule. C’est la base de votre image de marque, bien plus que le logo.

Une promotion n’est utile que si elle sert cet objectif : une formule du mardi pour un mardi vide, pas une remise générale qui baisse le ticket moyen les jours où la salle est déjà pleine.

Un site web, utile ou pas ?

Pour un petit établissement, la fiche Google fait une grande part du travail d’un site : horaires, menu, photos, avis, réservation. Un site web reste utile pour présenter la carte complète et les événements, accueillir les réservations de groupes ou les demandes de privatisation, et garder une adresse qui vous appartient, quelle que soit la plateforme du moment. Une page simple, rapide sur téléphone et à jour vaut mieux qu’un site riche abandonné. Si vous en avez un, son adresse figure sur la fiche Google et sur la carte.

Être trouvé : la fiche Google

Pour la plupart des clients, le premier contact avec un restaurant est sa fiche sur Google Maps ou dans les résultats de recherche locale. Elle est gratuite, et Google indique qu’aucune place ne s’achète dans son classement local : celui-ci dépend de la pertinence (la fiche correspond-elle à la recherche), de la distance et de la proéminence (la notoriété de l’établissement, dont ses avis).

Pour un restaurant, les champs qui comptent sont la catégorie principale, le menu complet, les horaires (y compris exceptionnels), le lien de réservation et les photos. Les erreurs qui coûtent cher sont connues : un nom chargé de mots-clés ou d’un slogan, une adresse qui n’est pas un vrai local, une fiche en double. Elles peuvent faire suspendre la fiche.

Notre guide de la fiche Google d’un restaurant reprend chaque champ avec son effet et l’erreur à éviter, la validation par vidéo et une routine de contrôle mensuelle.

Rassurer : les avis clients

Selon Google, plus un établissement reçoit d’avis et de notes positives, mieux il se classe localement. Mais un avis compte aussi pour ce qu’il dit à ceux qui lisent : la note, les avis récents et, souvent, la réponse de l’établissement sous la critique la plus sévère.

La règle tient en une phrase : répondre à tous les avis négatifs, calmement, en reconnaissant le fait, en disant ce qui a changé et en proposant un contact direct. Pour en obtenir davantage, demandez-les simplement aux clients satisfaits, sans contrepartie : les règles de Google interdisent les avis obtenus contre un avantage, et le Code de la consommation range les faux avis parmi les pratiques commerciales trompeuses.

Pour répondre aux avis d’un restaurant, nous avons écrit un modèle de réponse par situation (attente, prix, plat raté, hygiène, avis injurieux, client jamais venu), la méthode et la procédure de signalement d’un faux avis.

Donner envie : les photos de plats

Une photo de plat est souvent ce qui fait choisir entre deux adresses voisines sur une carte. Elle n’a pas besoin d’un studio : une table près d’une fenêtre, la lumière du jour de côté, le bon angle selon le plat et un smartphone suffisent. Google demande des photos nettes, bien éclairées et fidèles à la réalité ; une image trop retouchée prépare un client déçu.

Trois réflexes : photographier en dehors du service, de dessus pour les assiettes et les bols, à 45° pour les burgers et les plats hauts ; couper le flash ; vérifier que le plat se reconnaît encore en vignette. Le même lot de photos sert ensuite la fiche Google, la carte, les réseaux sociaux et les affiches.

La carte elle-même est un support de communication : c’est le document que chaque client lit en entier, assis, avec le temps de choisir. Une carte courte, lisible et cohérente avec les photos publiées vaut toutes les campagnes ; le dossier carte et menu explique comment la composer, la chiffrer et la présenter.

Notre tutoriel pour photographier ses plats détaille la lumière, l’angle par type de plat, les réglages au smartphone et à l’appareil, le service du soir et les erreurs à corriger.

Se voir dans la rue : affiches et supports imprimés

La communication d’un restaurant commence aussi sur le trottoir : la façade, l’enseigne, la terrasse et ce qui est affiché à l’entrée sont vus par tous les passants, clients ou non. Le dossier façade, salle et terrasse détaille ce qui se voit et ce qui doit s’afficher. Le menu doit être affiché à l’extérieur pendant le service : c’est une obligation de l’arrêté du 27 mars 1987 relatif à l’affichage des prix. Une affiche lisible de loin, à hauteur des yeux, fait le reste : le menu du jour, les horaires, une fermeture exceptionnelle, un happy hour, une offre d’emploi.

Pour ne pas repartir d’une page blanche chaque matin, nous avons dessiné un kit d’affiches à télécharger : menu du jour en A4 et en A3, horaires, fermeture exceptionnelle, happy hour avec les mentions que la loi Évin impose, allergènes et « on recrute ». Chaque affiche existe en PDF et en SVG modifiable, sans e-mail à laisser.

Les flyers, les cartes à emporter et les chevalets de table suivront dans ce dossier, avec la même logique : un support par usage, et des mentions conformes dès le modèle.

Les réseaux sociaux du restaurant sans s’y épuiser

Instagram et Facebook sont gratuits, mais ils prennent du temps. Pour un petit restaurant, mieux vaut un réseau tenu régulièrement que trois abandonnés : c’est le contenu publié chaque semaine qui fait découvrir l’établissement. Choisissez celui où se trouvent vos clients : Instagram pour une cuisine qui se photographie et une clientèle qui découvre par l’image, Facebook pour une clientèle de quartier qui suit les annonces et les événements.

Une routine simple suffit : le plat du jour ou l’affiche du jour en story le matin, une publication ou deux par semaine (un plat, l’équipe, un événement), les commentaires et messages lus chaque jour comme les avis. La publicité payante et les collaborations avec des créateurs de contenu se décident ensuite, avec un objectif mesurable (des réservations, une soirée remplie) plutôt qu’un nombre d’abonnés.

Des guides consacrés à Instagram pour un restaurant et des modèles de publications à télécharger rejoindront ce dossier.

Le fichier clients et la newsletter : ce que la loi demande

Un fichier d’adresses e-mail ou de numéros de téléphone permet de prévenir vos habitués d’une nouvelle carte ou d’une soirée, sans dépendre d’une plateforme. Il obéit à des règles précises, rappelées par la CNIL dans sa fiche sur la prospection commerciale par courrier électronique (mise à jour le 10 juin 2026) :

  • pour un particulier, l’envoi de messages commerciaux par e-mail ou SMS demande son consentement préalable (article L34-5 du code des postes et des communications électroniques) : une case à cocher, jamais pré-cochée, au moment où il laisse son adresse ;
  • une exception existe pour vos clients : si la personne vous a déjà acheté un repas et que vous lui proposez des produits ou services analogues, le consentement préalable n’est pas exigé, à condition qu’elle ait pu refuser au moment de la collecte ;
  • chaque message doit permettre de refuser la suite, simplement et gratuitement, et dire clairement qui l’envoie ;
  • la personne doit être informée, lors de la collecte, de l’usage de ses données.

Concrètement : un carnet ou un formulaire « recevoir nos menus et nos soirées » avec une case non cochée, et un lien de désinscription dans chaque e-mail. Un programme de fidélité suit les mêmes principes ; le dossier consacré à la fidélisation y revient.

Plateformes de réservation et de livraison : visibilité contre commission

Les plateformes de réservation et de livraison apportent une visibilité immédiate auprès de leurs utilisateurs, et souvent un bouton de réservation ou de commande en ligne relié à la fiche Google. En échange, elles prennent une commission par couvert ou par commande, ou un abonnement, et gardent la relation avec le client.

Avant de signer, lisez trois points du contrat : le mode de rémunération (commission, abonnement ou les deux), la durée et les conditions de sortie, et ce qui vous revient des coordonnées des clients. Une solution prudente pour démarrer : la réservation par téléphone et par la fiche Google, puis une plateforme si la salle ne se remplit pas et que la marge le permet. La livraison, elle, se calcule plat par plat : un plat qui voyage mal ou dont la marge ne couvre pas la commission n’a rien à faire sur une application.

Les erreurs qui coûtent le plus

Certaines erreurs reviennent dans presque tous les établissements qui débutent. Elles ne coûtent rien à éviter.

  • Des horaires faux en ligne. Un client qui trouve porte close alors que la fiche indiquait « ouvert » ne revient pas, et il laisse souvent un avis. Les horaires exceptionnels (jours fériés, congés, travaux) se saisissent avant la date.
  • Une carte en ligne différente de la carte en salle. Un plat disparu ou un prix changé crée une déception avant même la commande. La carte de la fiche Google, du site et des réseaux se met à jour le même jour que la carte papier.
  • Des photos qui promettent autre chose. Un plat retouché, une salle photographiée vide au grand angle : le client compare à ce qu’il voit, et l’écart se lit ensuite dans les avis.
  • Les avis négatifs laissés sans réponse. Ils sont lus par les clients suivants ; une réponse calme et factuelle change la lecture d’une critique.
  • Tout lancer en même temps. Trois réseaux, une lettre d’information, une application et des affiches la même semaine, puis plus rien deux mois plus tard. Un support tenu dans la durée vaut mieux que cinq abandonnés.
  • Acheter de la publicité trop tôt. Payer pour amener du monde vers une fiche incomplète, sans photos ni avis, gaspille le budget.

Mesurer ce qui marche dans votre marketing

Une action de marketing de restaurant se juge sur ce qu’elle amène, pas sur l’impression qu’elle donne. Trois mesures simples suffisent :

  1. Les statistiques de la fiche Google : les recherches qui vous ont trouvé, les clics sur le menu, les demandes d’itinéraire et les réservations. Comparez-les d’un mois sur l’autre, après chaque changement.
  2. La question à la prise de réservation ou en fin de repas : « Comment nous avez-vous connus ? ». Notée sur le cahier de réservation, elle dit en un mois quel canal fonctionne.
  3. Un indicateur par action : le nombre de couverts du jour creux visé par une formule, le nombre d’inscrits à la lettre d’information, les réservations venues d’une publication.

Gardez ce qui remplit la salle et ce qui aide à attirer de nouveaux clients, arrêtez le reste. Un plan de communication se revoit à chaque changement de saison, avec la carte.

Les dossiers voisins