Sommaire
En bref
Une bonne photo de plat se fait en lumière naturelle indirecte, près d’une fenêtre, sans flash. L’angle dépend du plat : de dessus pour les assiettes et les bols, à 45° pour les burgers et les plats hauts, de face pour les desserts en couches et les verres. Un smartphone suffit ; la photo doit rester fidèle au plat servi.
- 10 minutes
- par plat, entre la mise en place et le service
- 1 fenêtre
- la lumière naturelle indirecte suffit
- 3 angles
- de dessus, à 45°, de face
- 720 × 720 px
- au moins pour une photo de fiche Google
Une photo de plat utilisable sur votre fiche Google, votre carte ou vos réseaux, premier support du marketing de votre restaurant, ne demande ni studio ni photographe : une table près d’une fenêtre, un smartphone récent et dix minutes au calme. Il vous faut aussi un fond neutre (la table en bois, une nappe unie, une planche), une feuille blanche ou un carton blanc en guise de réflecteur, un chiffon propre pour le bord de l’assiette et le plat dressé exactement comme il part en salle. Le meilleur moment : la fin de la mise en place ou le creux de l’après-midi, jamais le coup de feu.
Le tableau : quel angle et quelle lumière pour quel plat
En photographie culinaire, l’angle se choisit d’après la forme du plat et le type de sujet, pas d’après la mode. Les consignes photo qu’Uber Eats donne aux restaurants le résument : la vue de dessus pour les assiettes et les bols, l’angle de 45° pris de côté pour les burgers, les sandwichs et les plats en hauteur. Nous complétons avec la vue de face, utile pour ce qui se lit en couches.


| Plat | Angle | Lumière | Ce qu’on veut voir |
|---|---|---|---|
| Assiette plate, pizza, tarte, salade composée | De dessus | Fenêtre sur le côté, réflecteur en face | Le dressage et les couleurs |
| Bol, poke, soupe, ramen | De dessus | Lumière latérale douce | Le contenu sans reflet de bouillon |
| Plat en volume (volaille, gratin, plat mijoté) | 45° | Fenêtre sur le côté ou légèrement derrière | Le relief et la croûte |
| Burger, sandwich, pièce montée | 45° ou de face | Lumière latérale | La tranche et la hauteur |
| Dessert en couches, verrine, mille-feuille | De face | Contre-jour doux | Les couches nettes |
| Cocktail, verre, boisson chaude | De face | Contre-jour doux, fond sombre | La couleur et la transparence |
| Tablée, planche à partager, brunch | De dessus | Lumière diffuse sur toute la table | L’abondance et la convivialité |
Ce qu’il faut retenir : un plat plat se photographie de haut, un plat haut se photographie de côté. Si vous hésitez, faites les deux et gardez celle où l’on reconnaît le plat au premier coup d’œil.
1. Placer la table et la lumière
Installez la table au plus près d’une fenêtre, le plat placé de façon que la lumière arrive de côté. Uber Eats recommande une lumière naturelle indirecte venant d’une fenêtre et met en garde contre le soleil direct, qui projette des ombres dures. Si le soleil tape, tendez un voilage, un papier calque ou une nappe blanche fine devant la vitre : la lumière devient douce, les ombres s’adoucissent.
Posez ensuite la feuille blanche en face de la fenêtre, de l’autre côté du plat, inclinée vers lui. Elle renvoie un peu de lumière dans les ombres et suffit à éviter le côté sombre de l’assiette.
Éteignez les lampes de la salle autour de la table. Mélanger la lumière du jour, bleutée, et des ampoules chaudes donne une photo aux couleurs incohérentes, jaune d’un côté, bleue de l’autre, qu’aucune retouche rapide ne rattrape. Évitez aussi les néons : Uber Eats déconseille expressément les mauvais éclairages fluorescents.
2. Dresser pour la photo
Le plat photographié est celui que le client recevra : la règle de Google pour les photos de fiche est qu’une image reste fidèle à la réalité. Mais un plat se dresse pour l’objectif avec quelques gestes :
- essuyez le bord de l’assiette au chiffon : une trace de sauce se voit plus en photo qu’à table ;
- ajoutez une garniture fraîche au dernier moment (herbe, zeste, quelques graines) : Uber Eats conseille cette touche de couleur ;
- dressez un peu moins haut pour une vue de dessus, un peu plus net pour une vue de côté ;
- un ou deux accessoires seulement : des couverts, une serviette en lin, un ingrédient du plat posé à côté. Le décor raconte une histoire simple (le pain qu’on va rompre, le verre qui accompagne) sans voler la vedette ;
- un fond uni ou une matière calme (bois, pierre, nappe) qui rappelle votre salle.
Photographiez vite : une herbe fane, une sauce fige, une glace fond en quelques minutes.
Un style qui ressemble à la maison
La photographie culinaire des magazines s’appuie sur un styliste et des heures de mise en scène. Pour un restaurant, le bon style est celui de la salle : la même vaisselle, le même bois ou la même nappe, la lumière qu’on trouve à midi près de la vitre. Un client qui reconnaît sur place le décor de la photo fait confiance au reste de la carte.
Choisissez une ligne et tenez-la sur toutes vos images : un fond clair et lumineux pour une cuisine de marché, un fond sombre et des ombres plus marquées (le clair-obscur des natures mortes) pour une cave ou un bistrot du soir. Cette constance de composition et de couleur compte davantage, sur une fiche ou sur les réseaux sociaux, que l’originalité d’une image isolée. La texture de la nourriture (la croûte, le brillant d’une sauce, le moelleux d’une mie) fait plus envie que n’importe quel accessoire.
3. Cadrer et régler
Cadrez serré : le plat, sujet de la photo, doit remplir presque toute l’image, chaque détail au bon endroit. Placez le point fort du plat (le jaune d’œuf, la pièce de viande, la quenelle) sur l’une des lignes des tiers plutôt qu’au centre exact. Si vous coupez l’assiette au bord du cadre, faites-le franchement, sur un côté, pas au hasard.

La mise au point se fait sur l’avant du plat ou sur son élément principal ; le reste peut être légèrement flou, c’est la profondeur de champ qui guide le regard. N’utilisez jamais le zoom numérique : rapprochez-vous plutôt.
Au smartphone
Utilisez l’objectif principal du téléphone, le plus net. Touchez l’écran sur le plat pour faire la mise au point, maintenez le doigt pour verrouiller la mise au point et l’exposition, puis glissez pour assombrir légèrement si les blancs de l’assiette brûlent. Le mode portrait floute le fond mais peut aussi flouter un bord de l’assiette : vérifiez avant de garder. Coupez le flash, toujours. Pour la vue de dessus, tenez le téléphone bien à plat au-dessus du plat, en vous aidant de la grille de l’appareil photo.
À l’appareil photo
Un appareil hybride ou reflex donne plus de latitude. Choisissez une ouverture moyenne pour que tout le plat reste net avec un arrière-plan adouci, une sensibilité ISO basse pour éviter le grain, et un trépied si la vitesse devient lente dans une salle peu éclairée. Réglez la balance des blancs sur la lumière du jour ou sur une feuille blanche de référence, pour que l’assiette reste blanche. Une focale fixe d’usage courant suffit ; le choix du matériel est détaillé dans notre page sur le matériel photo.
Le service du soir
Le soir, la fenêtre ne sert plus. Deux solutions :
- anticiper : photographiez la nouvelle carte en journée, à la mise en place, et gardez le soir pour les photos d’ambiance de salle ;
- une seule source de lumière : si vous devez photographier un plat le soir, utilisez une seule lampe, placée sur le côté, dans une seule couleur de lumière, éteignez les autres et gardez la feuille blanche en réflecteur.
Le flash direct du téléphone, lui, aplatit le plat, fait briller les sauces et projette une ombre dure derrière l’assiette. Pour une photo d’ambiance du service, assumez la lumière chaude de la salle et photographiez la table entière plutôt qu’un plat en gros plan.
4. Retoucher sans tromper
Une retouche légère suffit, sur le téléphone ou dans un outil gratuit : recadrer, redresser l’horizon, corriger la balance des blancs si l’assiette tire vers le jaune, éclaircir un peu les ombres. Pas de filtre appuyé ni de couleurs saturées, qui rendent l’aliment peu naturel : Google demande des photos nettes, bien éclairées, sans retouche importante ni filtre excessif, fidèles à la réalité. Une photo trop flatteuse prépare un avis déçu.
Avant de publier sur votre fiche Google, exportez en JPG ou PNG, entre 10 Ko et 5 Mo, en 720 × 720 px au moins comme le recommande Google. Pour le réglage complet de la fiche, voyez notre guide de la fiche Google.
Contrôler : les erreurs qui font fuir
Le test le plus simple, avant de publier une photo culinaire : réduisez la photo à la taille d’une vignette de téléphone et cachez le nom du plat. Si l’on reconnaît encore ce qu’il y a dans l’assiette, la photo fait son travail. Sinon, cherchez le défaut dans ce tableau.
| Symptôme | Cause probable | Correction |
|---|---|---|
| Photo jaune ou orangée | Ampoules de salle mêlées à la lumière du jour | Éteindre les lampes, corriger la balance des blancs |
| Ombre noire et dure derrière le plat | Soleil direct ou flash | Diffuser la fenêtre, couper le flash |
| Un côté de l’assiette dans le noir | Lumière d’un seul côté sans réflecteur | Feuille blanche en face de la fenêtre |
| Burger écrasé, plat qui paraît plat | Vue de dessus sur un plat haut | Passer à 45° ou de face |
| Fond encombré (bouteilles, chaises, carton) | Cadrage trop large | Cadrer serré, dégager la table |
| Bord d’assiette taché | Dressage sans finition | Essuyer au chiffon avant la photo |
| Image floue | Mise au point à côté ou bougé | Toucher le plat, s’appuyer, trépied |
| Plat méconnaissable en vignette | Idée trop créative ou trop d’accessoires | Une photo simple, un seul plat |
Questions fréquentes
Peut-on filmer plutôt que photographier ?
Oui, pour les réseaux sociaux et la fiche Google, qui accepte des vidéos de 30 secondes au plus. Les mêmes règles de lumière et d’angle s’appliquent : un plan fixe, près de la fenêtre, sur un seul plat.
Faut-il faire appel à un photographe culinaire ?
Pour une nouvelle carte entière, une ouverture ou des visuels imprimés en grand format, un photographe apporte lumière et stylisme maîtrisés. Pour la fiche Google et les publications de la semaine, des photos faites sur place selon cette méthode suffisent et restent à jour.
Combien de photos faire par plat ?
Une dizaine de déclenchements en variant légèrement l’angle et le cadrage, pour en garder une ou deux. La meilleure se choisit sur grand écran, puis se vérifie en vignette.
