Sommaire
  1. Les leviers de fidélisation en un tableau
  2. Faire revenir avant de faire venir
  3. La carte de fidélité
  4. Les événements et animations
  5. Les jeux-concours
  6. Les bons cadeaux
  7. Le fichier clients, et ce qu’il permet
  8. Remplir les jours creux
  9. Par où commencer selon votre situation
  10. Les dossiers voisins

Un client qui revient coûte moins cher qu’un client à conquérir. Ce dossier donne les outils pour faire revenir et remplir les jours creux : carte de fidélité, événements, jeux-concours et bons cadeaux, avec ce que chacun coûte et les règles à respecter. Il s’adresse au restaurateur, au cafetier ou au gérant de food truck, en restauration traditionnelle comme en restauration rapide, qui veut voir ses habitués plus souvent sans brader ses prix. Lisez d’abord le tableau des leviers, puis la section qui correspond à votre situation : chacune résume le principal et mène à la page qui détaille.

Les leviers de fidélisation en un tableau

Tous les leviers de fidélisation client ne coûtent pas la même chose, n’agissent pas au même rythme et n’imposent pas les mêmes règles. Voici la carte du domaine pour un restaurant, du plus simple au plus engageant.

Levier Coût réel Délai d’effet Règle à respecter
Expérience en salle (accueil, constance, reconnaître l’habitué) du temps d’équipe, aucune dépense dès la visite suivante aucune
Carte de fidélité la récompense, au coût de revient : environ 9 % de remise pour 1 offert après 10 payés, avant correction par la marge un cycle de carte, d’un à trois mois protection des données dès qu’un nom ou un contact est collecté
Fichier clients et relances un outil ou un tableau, du temps quelques jours après chaque envoi consentement préalable à la prospection par e-mail ou SMS, durée de conservation limitée
Événements et animations de presque rien (quiz) à élevé (repas spectacle) la soirée même, puis l’habitude si le rendez-vous est régulier Sacem pour la musique, horaires de fermeture, niveaux sonores
Jeux-concours les lots le temps du jeu loterie publicitaire licite si elle n’est pas déloyale ; règles de la plateforme sur les réseaux
Bons cadeaux la prestation offerte, payée d’avance par l’acheteur à chaque fête du calendrier validité et contenu du bon écrits clairement
Réponse aux avis du temps visible dès la réponse publiée répondre sans données personnelles ni attaque

Ce qu’il faut retenir : commencez par ce qui ne coûte rien (l’accueil, la constance), installez ensuite un seul programme de fidélité que l’équipe tiendra à chaque service, et gardez les événements pour les creux que le programme ne remplit pas. Une stratégie de fidélisation qui empile cinq outils à la fois épuise l’équipe avant de convaincre les clients.

Faire revenir avant de faire venir

Faire venir un nouveau client passe par une campagne, une affiche, une fiche Google bien tenue, parfois une publicité. Faire revenir un client fidèle qui a aimé son repas passe par une attention et, au plus, une récompense dont vous connaissez le coût. Nous préférons le dire ainsi plutôt qu’avec une statistique de plus. C’est une différence de mécanique : le client qui revient connaît déjà le chemin, la carte et le prix.

Le premier levier de fidélisation d’un restaurant ne figure d’ailleurs dans aucun logiciel : c’est l’expérience client. Un accueil qui reconnaît l’habitué, une assiette qui reste la même d’un service à l’autre, un plat du jour qui change assez pour donner une raison de revenir dans la semaine. Un client déçu une fois ne revient pas pour un tampon.

Quelques gestes simples comptent plus qu’on ne le croit : saluer par son prénom le client qui vient chaque semaine, se souvenir de sa table ou de son vin, lui signaler le plat qu’il n’a pas encore goûté. Ils ne coûtent rien, ne demandent aucune autorisation et donnent au client une raison de choisir votre salle plutôt que celle d’à côté. Ils supposent seulement une équipe stable et briefée : un habitué que personne ne reconnaît après le changement de serveur repart comme un inconnu.

Le second levier tient à la relation client : savoir qui revient, quand, et pourquoi. Votre caisse le sait souvent déjà en partie (ticket moyen, jours de passage), et vos avis en ligne disent ce qui a plu ou déçu. Une carte de fidélité, même en papier, vous le dit à moitié ; un fichier clients bien tenu vous le dit tout à fait, à condition d’en respecter les règles.

Pour savoir si vos efforts paient, suivez un chiffre simple chaque mois : la part de clients qui reviennent. En papier, comptez les cartes complétées ; avec une caisse ou un fichier, regardez combien de clients sont passés au moins deux fois dans le mois. Si ce taux monte après le lancement d’un programme ou d’un rendez-vous régulier, le levier fonctionne ; s’il ne bouge pas en trois mois, changez la récompense ou le jour, pas tout le plan.

La carte de fidélité

La carte de fidélité reste l’outil le plus simple pour faire revenir un client qui vient déjà : une case par passage, une récompense au bout. Ce qu’on oublie souvent, c’est qu’une gratuité est une remise. Un café offert après dix payés représente environ 9 % de remise sur ces passages ; un « dixième offert », 10 %. La formulation change le coût, et ce coût se compare au coût de revient de la récompense, pas à son prix sur la carte.

Le choix du support suit ce que vous voulez en faire. Le papier à tampons se lance en une après-midi et ne collecte aucune donnée. Le numérique, relié à la caisse ou ajouté au portefeuille du téléphone, coûte un abonnement mais identifie le client et permet de le prévenir d’une soirée ou d’une nouvelle carte, avec son accord.

La page pour créer une carte de fidélité déroule les huit étapes, de la mécanique au contrôle du résultat, avec le calcul de la remise réelle, le tableau papier ou numérique et les règles de protection des données.

Les événements et animations

Une animation se choisit à partir du creux qu’elle doit remplir, pas à partir d’une liste d’idées. Pour un soir de semaine vide, un rendez-vous régulier à coût faible (quiz, blind test, soirée jeux) installe une habitude. Pour un temps fort de l’année (Saint-Valentin, Fête de la musique, Beaujolais nouveau, fêtes de fin d’année), un événement ponctuel annoncé trois semaines avant fait parler de l’établissement.

Chaque animation a ses démarches : une autorisation de la Sacem dès qu’il y a de la musique, le respect des niveaux sonores si la musique amplifiée devient habituelle, une dérogation d’horaires pour finir plus tard, un abonnement professionnel pour diffuser un match.

La page pour animer son restaurant donne le tableau des animations avec leur coût, leur préparation, leurs autorisations et leur clientèle, le calendrier de l’année mois par mois et la façon de calculer le nombre de couverts qu’une soirée doit amener pour couvrir ses frais.

Les jeux-concours

Un jeu-concours fait parler du restaurant sur les réseaux sociaux et peut ramener un client parti depuis longtemps, surtout s’il fait gagner une soirée ou un repas plutôt qu’un objet. Deux familles se distinguent : le concours, où l’on gagne par ses connaissances ou son adresse, et le tirage au sort. Ce dernier est une loterie publicitaire, que le Code de la consommation admet tant qu’elle n’est pas déloyale : des règles claires et des lots décrits sans ambiguïté. Un jeu organisé sur un réseau social obéit en plus aux règles de la plateforme : la publication doit dire clairement que la plateforme n’organise ni ne parraine le jeu.

Le bon usage pour un restaurant : un jeu court, avec un lot qui ramène à table (un dîner pour deux, une place pour une soirée), annoncé en salle autant qu’en ligne. Un jeu qui demande de s’abonner, d’aimer et de partager attire surtout des chasseurs de lots qui ne viendront jamais dîner. Une page de ce dossier détaillera le règlement type et ce qui est interdit.

Les bons cadeaux

Le bon cadeau est le seul levier qui fait entrer de nouveaux clients par un client fidèle : le client fidèle l’offre, la personne qui le reçoit découvre votre table. Il se vend surtout à l’approche des fêtes (Noël, fête des mères, Saint-Valentin). Écrivez sur le bon ce qu’il couvre (un menu, un montant), sa durée de validité et la façon de réserver, et gardez une trace de chaque bon vendu : numéro, date de vente, montant, date d’utilisation. Un bon présenté au moment de l’addition sans que personne ne le retrouve fait mauvais effet devant l’invité.

Le bon cadeau a un autre avantage pour la trésorerie : il est payé à l’achat, souvent en décembre, et consommé plus tard, souvent en janvier ou en février, quand la salle en a besoin. Une page de ce dossier proposera un modèle à imprimer et les points de vigilance sur la validité et la comptabilité.

Le fichier clients, et ce qu’il permet

Un fichier clients n’a pas besoin d’être un logiciel : un prénom, un moyen de contact, la date de la dernière visite et, si la personne le souhaite, sa date d’anniversaire suffisent à prévenir vos habitués d’une soirée, d’une nouvelle carte ou d’un menu de saison. C’est ce qui sépare une carte de fidélité qui attend dans un portefeuille d’un programme de fidélisation qui fait revenir les clients.

Les règles s’appliquent dès la première ligne :

  • informer la personne au moment où vous notez ses coordonnées : qui tient le fichier, pourquoi, pour combien de temps ;
  • demander son accord avant de lui envoyer des offres par e-mail ou par SMS, sauf pour un client existant à qui vous proposez des produits ou services analogues, s’il a pu refuser dès la collecte et peut se désinscrire à chaque message ;
  • ne pas garder les données indéfiniment : le référentiel de la CNIL sur la gestion des activités commerciales (délibération n° 2021-131 du 23 septembre 2021) retient trois ans après la fin de la relation commerciale, par exemple le dernier contact venant du client, pour les données utilisées en prospection.

Ce qu’il faut retenir : un fichier de cinquante habitués consentants vaut mieux qu’une liste de cinq cents adresses que vous n’avez pas le droit d’utiliser.

Remplir les jours creux

Les jours creux ne se remplissent pas avec un seul outil. Commencez par les repérer dans votre planning de réservations ou votre caisse : quel service est le plus faible de la semaine, quel mois le plus calme de l’année ? Le levier se choisit ensuite selon le creux.

  • Un soir de semaine : un rendez-vous régulier, le même jour chaque semaine, et une offre réservée ce soir-là aux porteurs de la carte de fidélité.
  • Un midi calme : un menu du jour qui change, une formule rapide avec un dessert ou une boisson offerte aux clients réguliers, un message aux habitués des bureaux voisins.
  • Une saison basse : un temps fort annoncé tôt, un menu de saison, une relance des clients qui ne sont pas venus depuis trois mois.

Avant tout cela, vérifiez que vos horaires et votre fiche Google sont à jour : un client qui trouve porte close un lundi ne revient pas le mardi.

Répondez aussi aux avis, positifs comme négatifs. Une réponse courte, polie et précise montre au client mécontent qu’il a été lu, et à ceux qui lisent les avis avant de réserver que l’établissement est tenu. C’est le levier le plus visible de tous, puisque chaque réponse reste publique.

Par où commencer selon votre situation

  • Vous ouvrez

    soignez l’accueil et la constance les trois premiers mois, puis lancez une carte de fidélité papier simple.

  • Vous êtes installé et vos lundis sont vides

    un rendez-vous régulier ce soir-là, annoncé en salle et à vos habitués.

  • Vous tenez un café

    la carte à tampons, avec une récompense proche (le onzième café), et une soirée par mois si la salle s’y prête.

  • Vous tenez un food truck

    une carte numérique dans le téléphone de vos clients, et les marchés ou fêtes de quartier comme événements.

Les dossiers voisins

La fidélisation s’appuie sur ce que le client voit avant même d’entrer : votre carte, votre façade, votre fiche Google.

Les dossiers voisins

  • Se faire connaître

    La fiche Google, les avis, les affiches et les réseaux qui font venir le premier repas.

  • Carte et menu

    Composer, chiffrer et présenter la carte que vos habitués relisent à chaque visite.

  • Façade, salle et terrasse

    Ce qui se voit de la rue et ce qui doit s’afficher.

  • Nom et logo

    Un nom qu’on retient et un logo lisible sur une carte de fidélité.

  • Food truck

    Ouvrir un food truck : étapes, autorisations, budget et identité.