Sommaire
  1. L’autorisation et la redevance
  2. L’emprise : ce qu’il faut laisser aux piétons
  3. Ce que les chartes communales imposent
  4. Choisir le mobilier selon l’usage
  5. L’agencement
  6. L’ombrage
  7. Ambiance et lisibilité depuis la rue
  8. Questions fréquentes

Ce qui décide

Sur un trottoir ou une place, une terrasse de restaurant occupe le domaine public : il faut une autorisation de la mairie, payante, temporaire et révocable, avant d’installer la moindre chaise. La charte des terrasses de votre ville fixe ensuite l’emprise, le passage à laisser aux piétons et une partie du mobilier (bâches, écrans, parasols, publicité). Le chauffage extérieur est interdit partout depuis le 31 mars 2022. Le style vient en dernier, et il se choisit dans ce cadre.

L’ordre compte. Un parasol publicitaire ou une bâche refusés par la charte se rachètent ; une terrasse installée sans autorisation coûte une amende. Voici les règles avec leurs repères chiffrés, puis le mobilier qui tient le service, le vent et le rangement du soir. La terrasse prolonge la façade et la salle du restaurant : elle obéit à la même logique, ce qui se voit de la rue d’abord.

L’autorisation et la redevance

Le texte : le Code général de la propriété des personnes publiques. Nul ne peut occuper le domaine public sans titre qui l’y autorise (art. L2122-1) ; cette occupation est temporaire, précaire et révocable (art. L2122-2 et L2122-3) ; elle donne lieu à une redevance (art. L2125-1).

Deux autorisations existent, selon que la terrasse est fixée au sol ou non :

  • terrasse ouverte, posée sans ancrage (tables, chaises, parasols lestés) : un permis de stationnement ;
  • terrasse fermée ou fixée au sol (plancher scellé, structure, véranda) : une permission de voirie.

La demande se fait en mairie, ou auprès du préfet pour certaines voies, souvent avec le formulaire cerfa n° 14023. Le délai d’instruction peut aller jusqu’à deux mois ; sans réponse dans ce délai, la demande est réputée refusée. Installer une terrasse sans autorisation, ou sans payer la redevance, expose à une amende de 1 500 €. L’autorisation est personnelle et peut être retirée à tout moment, sans indemnité : en cas de vente du fonds, le repreneur dépose sa propre demande, sauf si le vendeur le présente comme successeur et que le maire l’accepte.

La redevance est fixée par délibération du conseil municipal. Elle varie énormément d’une commune à l’autre :

Commune et année Tarif publié
Une petite commune rurale (délibération du 5 novembre 2025) 6 € le m² par an pour une terrasse ouverte de café ou de restaurant
Poitiers (tarifs 2025) 0,20 € le m² par jour jusqu’à 50 m², 0,24 € au-delà
Poitiers, occupation non déclarée 50 € par jour, en redevance forfaitaire

À Poitiers, une terrasse de 20 m² occupée toute l’année représente environ 1 460 € de redevance ; à 6 € le m², la même surface coûte 120 € par an. Demandez la grille de votre commune avant de signer un bail : elle pèse dans le calcul du couvert, et donc dans le prix de vos plats servis en terrasse. Prenez aussi en compte le temps de montage et de rangement de chaque service : une terrasse rangée chaque soir demande du temps de personnel en plus, à l’ouverture et à la fermeture.

L’emprise : ce qu’il faut laisser aux piétons

La règle nationale vient de l’accessibilité de la voirie : l’arrêté du 15 janvier 2007 impose un cheminement d’au moins 1,40 m libre de tout obstacle, qui peut descendre à 1,20 m quand il n’y a ni mur ni obstacle de part et d’autre. Chaque ville peut être plus exigeante dans sa charte.

Règle Repère chiffré Texte
Cheminement piéton libre 1,40 m au moins (1,20 m sans mur ni obstacle de part et d’autre) Arrêté du 15 janvier 2007
Largeur d’une terrasse sur trottoir, exemple de Paris Un tiers de la largeur utile du trottoir en règle générale, 50 % au plus Règlement des étalages et terrasses de Paris
Passage réservé aux piétons, exemple de Paris 1,60 m au moins, contigu à la terrasse Même règlement
Passage entre terrasse et contre-terrasse, exemple de Paris 1,80 m Même règlement
Chauffage et climatisation extérieurs Interdits sur le domaine public Décret n° 2022-452 du 30 mars 2022

Les exemples parisiens viennent du règlement des étalages et terrasses en vigueur au 13 décembre 2023. Ils montrent le niveau de détail qu’une charte peut atteindre ; ils ne s’appliquent qu’à Paris. Votre mairie publie le sien, souvent appelé charte ou règlement des terrasses.

Côté accessibilité, le même règlement demande des éléments sans angle vif et détectables à la canne par les personnes malvoyantes : un porte-menu sur pied fin ou un bac bas en bout de terrasse se heurtent sans être vus.

Ce que les chartes communales imposent

Le chauffage. Le décret n° 2022-452 du 30 mars 2022, en vigueur depuis le 31 mars 2022, interdit l’utilisation sur le domaine public, en extérieur, de systèmes de chauffage ou de climatisation qui consomment de l’énergie. Les terrasses ouvertes sont concernées ; une ville peut être plus stricte et viser aussi les terrasses fermées. L’amende peut aller jusqu’à 1 500 €.

Le reste dépend de la ville. Le règlement parisien donne une idée de ce qu’une charte encadre :

  • bâches souples interdites sur les terrasses ouvertes ;
  • brumisateurs interdits en terrasse ouverte et en contre-terrasse ;
  • aucune publicité, même pour une marque de boisson, sur le mobilier et les installations ;
  • parasols interdits en contre-terrasse ;
  • écrans transparents, de hauteur limitée, et seulement perpendiculaires à la façade sur une terrasse ouverte ;
  • mobilier de préférence en matériaux biosourcés, à faible empreinte écologique.

La saison et les horaires. Certaines villes accordent des terrasses estivales. À Paris, elles vont du 1er avril au 31 octobre, avec une redevance forfaitaire pour les sept mois et une fermeture à 22 h, prolongée certaines périodes par décision de la ville.

Ce qu’il faut retenir : lisez la charte de votre ville avant d’acheter le mobilier. C’est elle qui dit si vos parasols peuvent porter un logo de brasseur, si vos joues latérales sont admises et à quelle heure tout rentre.

Choisir le mobilier selon l’usage

Une terrasse sert plus longtemps qu’une salle : le soleil, la pluie et le rangement du soir usent le mobilier. Le choix se fait sur trois critères : le poids (rangement et vent), la résistance aux intempéries et ce que la charte autorise. Préférez un mobilier professionnel, conçu pour un usage intensif en extérieur : un modèle de jardin pour particulier tient rarement une saison de service. Pour juger la qualité, regardez le traitement anti-UV des coloris, la visserie inoxydable et des patins qui ne marquent pas le sol.

Chaises bistrot en rotin tressé à motif zigzag noir et blanc, empilées les unes contre les autres
Des chaises bistrot tressées, empilées en fin de service : l’empilable fait gagner un temps précieux au rangement du soir. · Photo: Chaises bistrot empilées, Vladislovas Sketerskis, Pexels License
Mobilier Usage Rangement du soir Entretien Contrainte à vérifier
Chaise bistrot empilable (aluminium, résine) Trottoir, rotation rapide Empilable, légère Lavage à l’eau Couleur imposée par certaines chartes
Fauteuil tressé (résine tressée) Place, terrasse lounge, séjour long Encombrant Brossage, housse l’hiver Emprise plus large par place
Table rabattable ou pliante Trottoir étroit, terrasse rangée chaque soir Se range à plat Plateau stratifié ou compact Stabilité au vent
Mange-debout Bar, apéritif, service rapide Léger Simple Emprise faible, mais à caler loin du passage
Banc Place piétonne, grandes tablées Lourd Bois à huiler, ou métal Ne doit pas déborder sur le passage
Coussins et plaids Confort du soir À rentrer chaque soir Lavables, traités contre les UV Aucune contrainte de charte en général

Pour un bar, une brasserie ou un restaurant, le bon mobilier n’est pas le même : la clientèle d’un apéritif reste debout ou sur des tabourets, celle d’un déjeuner veut des plateaux de table assez grands pour deux assiettes et un pichet. Les banquettes le long de la façade créent des places sans gêner la circulation.

Ce que nous prendrions :

  • Trottoir étroit, terrasse rangée chaque soir

    chaises bistrot empilables en aluminium et tables rabattables, pour ranger vite et laisser le passage libre.

  • Place piétonne, terrasse à l’année

    tables fixes plus lourdes, fauteuils tressés, quelques bancs pour les grandes tablées.

  • Terrasse estivale de quelques mois

    mobilier léger et coussins amovibles, sans investir dans ce qui dort six mois au dépôt.

  • Bar et apéritif

    mange-debout en bout de terrasse, chaises basses près de la façade.

L’agencement

L’aménagement d’une terrasse se pense comme une salle : un passage pour le serveur depuis la porte, des tables à deux que l’on rapproche pour les groupes, les places les plus confortables à l’abri du vent. Gardez la première rangée, celle que voit le client depuis le trottoir, toujours dressée et adaptée au moment : c’est elle qui donne envie de s’asseoir. Un établissement qui sert le midi et le soir peut prévoir deux agencements, plus serré au déjeuner, plus espacé le soir.

L’ombrage

Le parasol lesté reste le plus simple : il se range et se déplace. Choisissez une toile traitée contre les UV, de coloris uni, avec un pied lesté adapté à la taille de la toile, car le vent est le premier ennemi d’une terrasse. Le store banne, fixé à la façade, peut relever d’une déclaration en mairie et des règles de la façade ; il protège sans encombrer le sol. La voile d’ombrage offre une protection solaire légère mais demande des points d’ancrage solides. La pergola, y compris bioclimatique à lames orientables, et la terrasse fermée changent de régime : on passe à une permission de voirie et parfois à une autorisation d’urbanisme. Mesurez ce besoin avant de choisir cet équipement : une pergola est un projet de travaux, pas un achat de saison.

Ambiance et lisibilité depuis la rue

La terrasse est la première chose que voit un passant, avant la carte. Quelques repères d’œil de graphiste :

  • une couleur de mobilier unie, reprise de la façade ou de la carte, se lit mieux qu’un assortiment de modèles ;
  • des parasols sans marque, puisque beaucoup de chartes refusent la publicité ;
  • des jardinières basses pour délimiter l’espace et adoucir le bord du trottoir ;
  • un éclairage du soir chaud et orienté vers les tables, sans éblouir la rue ni les fenêtres d’en face ;
  • l’ardoise ou le chevalet de la carte, lui aussi posé sur le domaine public, dans l’emprise autorisée.

Pour l’intérieur, la suite se joue dans la décoration de la salle : matières, lumière, ambiance.

Questions fréquentes

Quelle est la taille idéale d’une terrasse de restaurant ?

Celle que votre autorisation permet : la charte fixe une part du trottoir et un passage à laisser. Partez de cette surface, puis comptez vos tables.

Qu’est-ce qui coûte le moins cher pour faire une terrasse ?

Une terrasse ouverte, sans ancrage, avec du mobilier empilable : pas de travaux, un permis de stationnement, une redevance au m². La terrasse fermée ajoute travaux et autorisations.

Peut-on réutiliser le mobilier de la salle dehors ?

Rarement : un mobilier d’intérieur supporte mal la pluie et les UV, et la charte peut imposer des matériaux ou des couleurs.

Quelles sont les tendances pour une terrasse ?

La tendance qui compte est réglementaire : moins de chauffage, plus de végétal en bac, des matériaux durables que certaines chartes demandent déjà. Le reste relève du style de votre établissement.

Et pour un food truck ?

L’emplacement suit d’autres règles, avec ses propres autorisations.