Sommaire
  1. Le tableau métier par métier
  2. La règle commune à tous les commerces
  3. Restaurant, café, bar
  4. Boulangerie
  5. Boucherie et charcuterie
  6. Primeur et marché
  7. Promotions, erreur de prix et sanctions
  8. Bien afficher : supports et lisibilité

En bref

Tout commerce de bouche affiche ses prix en euros, toutes taxes comprises, de façon lisible, pour que le client les connaisse avant d’acheter, sans avoir à demander. Chaque métier a en plus sa règle : neuf prix dehors en lettres de 1,5 cm pour un café ou un restaurant, l’affiche « Prix du pain » en boulangerie, le prix au kilo et le nom du morceau en boucherie, l’origine en caractères aussi grands que le prix chez le primeur. Un manquement coûte jusqu’à 3 000 € d’amende administrative pour un entrepreneur individuel et 15 000 € pour une société. Règles vérifiées le 4 novembre 2026.

Le prix est la première chose qu’un client cherche dans une vitrine ou sur une ardoise. L’obligation d’informer le consommateur sur le tarif s’applique à tout vendeur, du magasin au stand de marché, et la DGCCRF la contrôle. La règle générale est courte ; ce sont les règles de chaque métier qui piègent, parce qu’elles fixent un format, une mention ou une taille de caractère précise. Cette page fait partie de notre dossier sur la façade, la salle et la terrasse d’un restaurant.

Le tableau métier par métier

Commerce Ce qu’il faut afficher Exemple de mention Support Texte
Restaurant, café, bar (dehors) Prix de neuf produits courants, cartes et menus du jour pendant le service « Café noir, la tasse : 2,20 € » Affiche, ardoise, vitrine, en lettres d’au moins 1,5 cm Arrêté du 27 mars 1987, art. 2 et 4
Restaurant, café, bar (dedans) Liste des boissons et denrées par rubrique, avec leur prix « Bière pression, 25 cl : 3,50 € » Tableau, carte Arrêté du 27 mars 1987, art. 3, 5 et 6
Boulangerie Affiche « Prix du pain » et écriteau par catégorie « Baguette de tradition, 250 g : 1,40 €, soit 5,60 € le kg » Affiche blanche d’au moins 40 × 30 cm, écriteaux sur les étagères Arrêté n° 78-89/P de 1978
Boucherie, charcuterie Prix au kilo et dénomination de chaque morceau, tableau permanent « Bœuf, entrecôte : 32,00 € le kg » Écriteau ou étiquette sur chaque produit, tableau visible Arrêté du 18 mars 1993 modifié
Primeur, marché Prix avec son unité, pays d’origine, catégorie et variété quand la norme l’exige « Pommes Golden, cat. I, France : 2,80 € le kg » Pancarte ou étiquette près du produit Normes européennes de commercialisation
Traiteur, épicerie fine Prix de chaque produit, prix au kilo ou au litre pour ce qui se vend au poids « Taboulé : 18,00 € le kg » Étiquette ou écriteau à proximité Arrêté du 3 décembre 1987

Les prix des exemples sont des exemples de mise en forme, pas des prix moyens.

La règle commune à tous les commerces

Le texte : le Code de la consommation, articles L112-1 et suivants, et l’arrêté du 3 décembre 1987 relatif à l’information du consommateur sur les prix. Le professionnel fixe librement ses prix, mais il doit les indiquer de manière claire au public, avant l’achat.

À afficher, pour tout produit en vente :

  • le prix en euros, toutes taxes comprises (TTC), en magasin comme sur un étal ;
  • sur le produit (étiquette) ou sur un écriteau placé à proximité immédiate, pour qu’il n’y ait aucun doute sur le produit concerné ;
  • lisible de l’extérieur pour un produit exposé en vitrine, et à l’intérieur aussi s’il y est exposé ;
  • avec le prix à l’unité de mesure (au kilo, au litre) pour la plupart des produits alimentaires vendus au poids ou préemballés ;
  • pour un lot, le prix du lot et sa composition.

Pour une prestation de service, la liste des prix est affichée au lieu d’accueil de la clientèle et lisible de l’extérieur. Si l’offre est trop large pour tenir sur un panneau, un catalogue mis à disposition du client peut la remplacer.

Ce qu’il faut retenir : le client doit connaître le prix avant de commander ou de passer en caisse, sans avoir à le demander. C’est la raison d’être de toute l’obligation : protéger le consommateur au moment de la vente, pas après.

Restaurant, café, bar

Le texte : l’arrêté du 27 mars 1987 relatif à l’affichage des prix dans les établissements servant des repas, denrées ou boissons à consommer sur place. Il est en vigueur ; ses articles 2 et 4 ont été modifiés par deux arrêtés du 29 juin 1990.

Dehors. Visible de la rue et de la terrasse, l’établissement affiche le prix de la tasse de café noir, du demi de bière pression, de la bouteille de bière, du jus de fruits, du soda, de l’eau minérale plate ou gazeuse, de l’apéritif anisé, du plat du jour et du sandwich, avec la quantité servie pour les boissons. Noms et prix en caractères d’au moins 1,5 cm de haut. Un restaurant y ajoute ses menus ou sa carte du jour pendant le service, au plus tard dès 11 h 30 et 18 h, et une carte d’au moins cinq vins ou cinq boissons.

Dedans. Une liste des boissons et denrées par rubrique, avec leur prix. Au restaurant, une carte unique qui reprend toutes les prestations et leurs prix peut en tenir lieu.

Sur la carte. Le prix de chaque prestation, la mention « boisson comprise » ou « boisson non comprise », la nature et la contenance des boissons, et « prix service compris » si le service est inclus.

Avec spectacle ou musique. La liste extérieure change : prix du billet d’entrée, d’une boisson sans alcool, d’une boisson alcoolisée au verre, et de bouteilles de whisky, vodka, gin et champagne avec leur marque et leur contenance.

À éviter : afficher dehors une ardoise lisible à 50 cm seulement. Nous avons dessiné une affiche des prix extérieurs en A3 paysage qui tient les 1,5 cm ; elle est à télécharger avec les autres affichages obligatoires d’un restaurant.

Boulangerie

Le texte : l’arrêté n° 78-89/P de 1978 sur les prix du pain et des produits de viennoiserie et de pâtisserie fraîche, toujours cité par la fiche officielle du métier vérifiée le 21 février 2026.

À afficher à chaque point de vente, une affiche intérieure blanche, imprimée en noir, d’au moins 40 cm de haut et 30 cm de large, titrée « Prix du pain ». Une ligne par catégorie de pain : dénomination précise, poids, prix à la pièce et, pour les pains vendus à la pièce de 200 g ou plus, le prix au kilo. Les caractères ont des tailles minimales : 2,5 cm de haut pour le titre, 2 cm pour les chiffres, 1 cm pour les lettres. La même affiche, aux dimensions réduites de moitié, se lit en vitrine depuis la rue.

Sur chaque étagère ou grille, un écriteau d’au moins 15 cm de long et 2,5 cm de haut reprend la dénomination, le poids, le prix et, le cas échéant, le prix au kilo.

L’œil du graphiste : noir sur blanc, sans fond texturé ni typographie manuscrite. Ce format est imposé ; il ne laisse pas de place à la décoration, et c’est tant mieux pour la lecture.

Boucherie et charcuterie

Le texte : l’arrêté du 18 mars 1993 relatif à la publicité des prix des viandes de boucherie et de charcuterie, modifié en 2014 pour permettre de regrouper certains morceaux sous une dénomination générique (« steak », « rôti »).

À afficher :

  • sur chaque viande exposée, un écriteau ou une étiquette avec le prix au kilo et la dénomination du morceau ;
  • un tableau des prix au kilo, exposé en permanence à la vue des clients, qui suit les appellations et l’ordre des morceaux fixés en annexe de l’arrêté ;
  • pour la viande préemballée : la dénomination, le prix au kilo, le poids net et le prix à payer.

La présence d’os se mentionne quand l’oublier pourrait tromper le client.

Primeur et marché

Pour les fruits et légumes frais vendus en vrac, la pancarte porte le prix avec son unité (au kilo, à la pièce, à la botte) et le pays d’origine en toutes lettres (« France », « Espagne »). Une origine plus précise peut suivre : région, département. Dix produits soumis à une norme de commercialisation spécifique, dont les pommes et les agrumes, portent en plus leur catégorie (Extra, I ou II) ; les oranges, les raisins de table, les pommes et les poires portent aussi leur variété.

Étal de primeur garni de poivrons, navets, poireaux et courgettes, avec une pancarte manuscrite de prix plantée dans chaque cagette
Une pancarte par cagette, plantée dans le produit : c’est là que se lisent le prix, son unité et l’origine. · Photo: Pancartes de prix sur un étal de légumes, Jeana Bala, Unsplash License

Les règles valent aussi bien en boutique que sur un étal de marché. Pour une barquette ou un plateau, le prix s’accompagne du poids, sauf si les pièces se comptent facilement d’un coup d’œil. Une catégorie affichée sans pouvoir la justifier est un étiquetage trompeur.

Promotions, erreur de prix et sanctions

Une réduction s’annonce avec le prix de référence : le prix le plus bas pratiqué pendant les 30 jours qui précèdent la réduction. Une promotion qui ne s’arrête jamais peut devenir une pratique commerciale trompeuse : les règles de protection du consommateur visent ce cas.

Une erreur de prix. Le prix affiché engage le commerçant, c’est un droit du consommateur : en cas d’écart entre l’étiquette et la caisse, le client peut payer le prix le plus bas indiqué. Le commerçant peut refuser la vente en cas d’erreur manifeste, par exemple un produit cher affiché par inadvertance à un prix dérisoire.

Les sanctions.

  • Manquement à l’information sur les prix : amende administrative jusqu’à 3 000 € pour un entrepreneur individuel et 15 000 € pour une société (Code de la consommation, art. L131-5).
  • Prix trompeur (fausse remise, prix barré inventé) : délit de pratique commerciale trompeuse, jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 300 000 € d’amende pour une personne physique, 1 500 000 € pour une société (art. L132-2).

Bien afficher : supports et lisibilité

Ardoise, chevalet, étiquette, tableau, écran : tous les supports sont admis tant que le prix est lisible, à jour et placé près du produit. La loi fixe des tailles pour le café et la boulangerie ; ailleurs, c’est la lecture qui décide.

Trois repères pratiques :

  • des chiffres plus grands que le nom du produit : c’est le prix que le client cherche ;
  • un contraste franc, noir sur blanc ou blanc sur noir, jamais de craie pâle sur fond gris ;
  • une ardoise de vitrine à hauteur d’yeux, pas au ras du sol.

En cas de doute sur la conformité de votre affichage à la règle légale, la DGCCRF répond par un rescrit consommation : vous envoyez une photo de l’affichage avec le formulaire cerfa n° 15787, et son avis formel l’engage.

Page vérifiée le 4 novembre 2026.

Sources

  1. Affichage des prix : règles à respecter, Service Public Entreprendre (DILA).
  2. Arrêté du 27 mars 1987 relatif à l'affichage des prix dans les établissements servant des repas, denrées ou boissons à consommer sur place, Légifrance.
  3. Boulanger-pâtissier : conditions d'accès et d'exercice, Service Public Entreprendre (DILA).
  4. Arrêté du 18 mars 1993 relatif à la publicité des prix des viandes de boucherie et de charcuterie, Légifrance.
  5. Note réglementaire fruits et légumes (février 2021), DDPP du Rhône.
  6. Erreur de prix en caisse, SignalConso (DGCCRF).

Sources consultées le 4 novembre 2026.