Sommaire
- 1. Décider ce que le camion dit
- 2. Choisir deux couleurs et un contraste franc
- 3. Dimensionner les lettres selon la distance
- 4. Placer le menu et les prix
- 5. Répartir l’habillage face par face
- Un exemple décomposé face par face
- Selon le support : covering, peinture ou panneaux
- Contrôler le résultat
- Les erreurs qui coûtent
- 21 cm
- de hauteur de lettre pour être lu à 20 m
- 2 couleurs
- et un neutre, pas davantage
- 3 niveaux
- de lecture : le nom, l’offre, le détail
- 70 %
- de transparence minimale pour les vitres avant
Le résultat visé : un food truck dont le nom et ce qu’il vend se lisent de l’autre côté de la place, et dont la carte et les prix se lisent au comptoir sans plisser les yeux. Pas une fresque : un panneau qui roule, avec le même rôle que la façade d’un restaurant.
Il vous faut avant de dessiner quoi que ce soit :
- le nom arrêté, et le logo dans une version à une seule couleur ;
- une photo de chaque face du food truck, prise bien en face, avec ses cotes (longueur, hauteur, emplacement des vitres, de la trappe de service et des feux) ;
- la carte et ses prix, dans sa version la plus courte ;
- la distance à laquelle on vous verra le plus souvent : une rue, une place, un parking de festival.
1. Décider ce que le camion dit
Un passant vous regarde trois secondes. Pendant ce temps, il doit comprendre deux choses : qui vous êtes et ce que vous vendez. Tout le reste attend qu’il s’approche.
Organisez donc le texte en trois niveaux de lecture :
- Le nom, en grand, lisible de loin.
- L’offre en deux ou trois mots : « Crêpes et galettes », « Burgers au feu de bois », « Snack libanais ».
- Le détail, au comptoir : la carte, les prix, les allergènes, les horaires, le compte Instagram.
Une face, une idée. Le nom avant le dessin, car le nom, c’est votre marque : un logo figuratif aide à être reconnu, mais c’est le nom qu’on retient et qu’on tape dans un moteur de recherche. Si le nom n’est pas encore choisi, commencez par là : il vient avant l’habillage dans les étapes pour ouvrir un food truck.
2. Choisir deux couleurs et un contraste franc
La couleur fait reconnaître le food truck avant qu’on puisse lire quoi que ce soit. Choisissez une couleur dominante qui couvre la plus grande surface, une seconde couleur pour le texte et le logo, et un neutre (blanc, crème, noir) pour les zones d’information. Au-delà, l’œil ne retient plus rien.

Ce qu’il faut retenir sur le contraste : texte clair sur fond foncé, ou texte foncé sur fond clair, jamais deux couleurs de même valeur côte à côte. La norme américaine de signalétique accessible (ADA, section 703.5.1) demande aussi un fini non brillant : un adhésif mat évite le reflet qui efface un prix en plein soleil.
La couleur suit la cuisine : un vert profond et un bois clair ne racontent pas la même chose qu’un rouge vif et un jaune. Un motif, une illustration ou un style rétro peuvent porter l’univers de votre street food, à condition de rester derrière le nom. À éviter : un texte posé sur une photo ou une image de plat, qui devient illisible dès dix mètres.
3. Dimensionner les lettres selon la distance
Aucune règle française n’impose une taille de lettre sur un food truck. Le repère publié le plus précis vient de la signalétique accessible : la norme américaine ADA (section 703.5.5) fixe une hauteur minimale de capitale qui augmente de 3,2 mm pour chaque tranche de 305 mm de distance (1/8 de pouce par pied). Nous l’avons convertie en centimètres pour les deux hauteurs qui comptent sur un camion.
| Distance de lecture | Lettres entre 1 et 1,8 m du sol (menu, prix) | Lettres entre 1,8 et 3 m du sol (nom en bandeau) |
|---|---|---|
| Moins de 1,8 m | 1,6 cm | 5 cm |
| 5 m | environ 5 cm | environ 6 cm |
| 10 m | environ 10 cm | environ 11 cm |
| 20 m | environ 21 cm | environ 21 cm |
| 30 m | environ 31 cm | environ 32 cm |
Le repère simple qui en sort : environ 1 cm de hauteur de lettre par mètre de distance, mesurée sur la capitale. Ce sont des minimums : pour un nom qui doit accrocher, prenez plus grand.
Deux réglages de plus :
- l’épaisseur du trait de la lettre « I » se tient entre 10 et 30 % de sa hauteur (même norme, section 703.5.7) : ni police maigre, ni lettre si grasse que ses creux se bouchent ;
- une police simple, sans empattements fins ni écriture manuscrite pour le nom, garde sa forme à distance.
4. Placer le menu et les prix
Le menu se place à côté de la trappe de service, entre 1 et 1,8 m du sol, là où le client attend son tour. Il le lit à deux ou trois mètres : des prix d’environ 3 cm de haut suffisent d’après le tableau.

Les prix ne sont pas un choix de style. Le Code de la consommation (articles L112-1 à L112-9) et l’arrêté du 3 décembre 1987 imposent d’informer le client sur le prix, quel que soit le mode de vente et le lieu, étal en plein air compris : en euros, toutes taxes comprises, de façon lisible, pour qu’il le connaisse avant de commander. Un manquement coûte jusqu’à 3 000 € d’amende administrative pour un entrepreneur individuel et 15 000 € pour une société.
Sur le panneau :
- une carte courte, qui tient en une colonne lisible ;
- le prix aligné à droite, toujours au même endroit ;
- un support amovible (ardoise, panneau aimanté, cadre à glissière) si la carte change avec les saisons.
Gardez la carte hors du covering : un prix imprimé dans l’adhésif oblige à tout refaire à la première hausse du coût des matières.
5. Répartir l’habillage face par face
Chaque face a un rôle, selon l’endroit d’où on la voit.

| Face | Vue par | Ce qu’on y met | Taille de lettre (d’après le tableau) |
|---|---|---|---|
| Façade de service (côté trottoir) | Le client qui approche puis attend | Nom en bandeau, offre en deux mots, menu et prix près de la trappe | Nom : 21 cm pour 20 m ; prix : 3 cm |
| Côté opposé (côté chaussée) | Les passants et les voitures | Nom et offre, en grand, rien d’autre | Nom : 21 à 32 cm |
| Arrière | Ceux qui suivent le camion ou font la queue derrière | Nom, offre, compte Instagram ou site | Nom : 10 à 21 cm |
| Avant et cabine | Ceux qui vous croisent | Nom seul, au-dessus du pare-brise | Selon la place disponible |
| Toit, auvent ouvert | Le public d’un festival, d’un étage, d’une terrasse | Couleur dominante, logo | Logo plutôt que texte |
Ce qui ne se couvre jamais : le pare-brise et les vitres latérales avant. Le Code de la route (article R316-3) exige qu’elles laissent passer au moins 70 % de la lumière, et un adhésif décoratif les ferait passer sous ce seuil. Les feux, les plaques d’immatriculation et les rétroviseurs restent dégagés.
Un exemple décomposé face par face
Prenons un food truck fictif de crêpes, long de 5 m, avec une trappe de service sur le côté trottoir. Couleur dominante : bleu marine ; seconde couleur : jaune ; neutre : crème.
- Côté trottoir : bandeau crème au-dessus de la trappe, « Nom de l’établissement » en lettres bleu marine de 25 cm, lisible à plus de 20 m ; dessous, « Crêpes et galettes » en 10 cm ; à droite de la trappe, une ardoise de 60 × 90 cm avec huit lignes et des prix de 3 cm.
- Côté chaussée : fond bleu marine, nom en jaune de 30 cm, « Crêpes et galettes » en 12 cm, rien d’autre.
- Arrière : nom en 15 cm et le compte Instagram en 5 cm, lisibles par la voiture qui suit à un feu rouge.
- Avant : le nom seul en 10 cm sur le bandeau au-dessus du pare-brise ; vitres avant laissées nues.
- Auvent : jaune uni, logo en bleu marine.
Résultat : de loin, un bloc bleu et jaune avec un nom ; de près, une carte lisible et des prix nets.
Selon le support : covering, peinture ou panneaux
Trois façons d’habiller, qui se combinent :

- Le covering adhésif couvre tout ou partie du food truck, se change si le concept évolue et protège la peinture d’origine ; c’est le support habituel du nom et des aplats.
- La peinture convient à une couleur unie qui ne bougera pas ; un changement d’idée coûte une nouvelle peinture.
- Les panneaux amovibles (ardoise, aimant, cadre) portent ce qui change : la carte, les prix, les horaires, une offre du moment.
Notre choix pour un premier food truck : la couleur dominante en covering ou en peinture, le nom en adhésif, et tout ce qui porte un prix en panneau amovible.
Contrôler le résultat
Avant d’envoyer les fichiers à l’imprimeur :
- Posez la maquette sur la photo de chaque face, à l’échelle : rien ne doit tomber sur une poignée, une vitre avant ou un feu.
- Imprimez une lettre du nom et une ligne de prix à taille réelle, scotchez-les sur le food truck et reculez jusqu’à la distance du tableau : vous devez lire sans effort.
- Faites le test des trois secondes avec quelqu’un qui ne connaît pas le projet : à 20 m, il doit dire le nom et ce que vous vendez.
Les erreurs qui coûtent
| Erreur | Ce qui se passe | La parade |
|---|---|---|
| Trop de mots sur une face | Rien ne se lit | Une idée par face, le détail au comptoir |
| Police fine ou manuscrite pour le nom | Le nom disparaît à distance | Police pleine, trait entre 10 et 30 % de la hauteur |
| Photo de plat géante | Le texte posé dessus devient illisible | Aplat de couleur derrière le texte |
| Prix absents ou minuscules | Le client demande, ou passe son chemin ; amende possible | Panneau près de la trappe, prix d’environ 3 cm |
| Prix imprimés dans le covering | Tout refaire à chaque hausse | Panneau amovible |
| Adhésif sur les vitres avant | Infraction au Code de la route | Vitres avant laissées nues |
Un food truck bien habillé sert aussi votre dossier quand vous demandez un emplacement de food truck : certaines communes demandent la carte des menus avec ses prix dans le dossier de candidature et classent les camions d’abord sur la qualité des produits.
