Sommaire
- 1. Partir du concept, pas du dictionnaire
- 2. Réduire à cinq noms avec le test de la salle et de la rue
- 3. Les quatre vérifications avant de choisir
- Vérification 1 : les marques déposées (TMView et la base de l’INPI)
- Vérification 2 : les noms commerciaux et enseignes
- Vérification 3 : le nom de domaine
- Vérification 4 : les comptes sociaux et la fiche Google
- Ce que coûte un nom déjà pris : trois décisions récentes
- Idées de noms de restaurant par registre, vérifiées sur TMView
- 4. Déposer votre nom à l’INPI
- Les erreurs qui coûtent et la parade
- Questions fréquentes
En bref
Un bon nom de restaurant se dit facilement, raconte votre cuisine et n’appartient à personne d’autre. Avant de le faire peindre, imprimer ou immatriculer, faites quatre vérifications gratuites : les marques déposées en classe 43, les noms commerciaux et enseignes, le nom de domaine, les comptes sociaux.
- 4 vérifications
- avant de choisir
- Classe 43
- celle des services de restauration
- Une soirée
- de recherche, outils gratuits
- 190 €
- pour déposer votre marque en une classe (INPI, 2026)
Il vous faut : votre concept écrit en trois lignes (type de cuisine, ambiance, clientèle), une liste de 20 à 30 pistes, un tableur pour noter chaque vérification et sa date. Ce guide fait partie de notre dossier nom, logo et identité d’un restaurant : le nom vient en premier, parce qu’un logo dessiné sur un nom déjà pris est perdu.
1. Partir du concept, pas du dictionnaire
Un nom de restaurant original ne sort pas d’une liste : il sort de ce que vous servez et de la façon dont vous le servez. Écrivez d’abord votre concept en trois lignes. Sur la carte : une cuisine de bistrot, des produits de saison, une formule du midi. En salle : 40 couverts, des tables partagées, une clientèle de bureaux le midi et de quartier le soir.

Le type de restaurant change la recherche. Une crêperie, un bar à sushis, une brasserie, un café ou un food truck n’attirent pas le même public cible, et le nom de votre restaurant doit annoncer la bonne activité dès la façade : un nom accrocheur pour un fast food de quartier serait déplacé sur un restaurant gastronomique. Si vous ouvrez en franchise, le nom vous est fourni par l’enseigne ; cette page concerne le restaurant indépendant, ou le premier restaurant d’un futur petit réseau.
Cherchez ensuite des pistes dans cinq directions :
- le produit phare : le plat ou l’ingrédient qu’on viendra chercher chez vous ;
- le lieu : la rue, le quartier, un repère visible depuis la porte (un pont, un marché, une place) ;
- une histoire ou une personne : un surnom de famille, un métier ancien du bâtiment, une date ;
- une autre langue quand la cuisine en vient : italien pour une trattoria, espagnol pour des tapas, japonais pour des ramen ;
- le jeu de mots : il aide à la mémorisation, à condition de se comprendre à l’oral.
Prenez 30 minutes de session de brainstorming, seul, en famille ou avec votre équipe d’accueil, sans juger : le but est d’aligner 20 à 30 pistes. Les générateurs de noms par intelligence artificielle peuvent vous aider à remplir la liste, mais ils produisent des mots, pas des noms libres : aucun ne vérifie si l’idée est déjà une marque ou l’enseigne d’un restaurant voisin.
2. Réduire à cinq noms avec le test de la salle et de la rue
Votre liste longue se réduit avec des tests concrets, pas avec des goûts : le choix du nom parfait n’existe pas, celui d’un nom facile à dire et à retrouver, si. Nous en retenons quatre, faits en dix minutes par nom.

| Test | Comment le faire | Signe d’échec |
|---|---|---|
| Le téléphone | Dites le nom à quelqu’un qui l’écrit sans l’avoir vu | Il hésite sur l’orthographe ou demande de répéter |
| La rue | Écrivez-le en grand sur une feuille A4 et lisez-le à 10 mètres | Il faut s’approcher pour comprendre |
| Le petit format | Réduisez-le à la taille d’un tampon ou d’une photo de profil ronde | Les lettres se collent, le mot devient illisible |
| Le temps | Imaginez votre carte dans trois ans | Le nom est lié à un plat ou à une mode que vous aurez retiré |
Un nom court tient en grandes lettres sur une enseigne et se retient après une seule expérience à table. Un nom de deux ou trois mots reste lisible si l’un d’eux porte le sens. L’œil du graphiste ajoute deux détails : évitez les lettres qui se confondent en petit (rn et m, l et I) et les accents sur des capitales que l’enseigne ou le site ne sauront pas reproduire.
Pensez aussi aux lieux où le nom sera écrit en petit sans que vous le choisissiez : le ticket de votre logiciel de caisse ou de gestion, la fiche d’un site de livraison, les avis clients, le relevé de carte bancaire de vos clients. Un nom court y reste entier.
Gardez cinq noms. Ils passent tous aux quatre vérifications de l’étape suivante, parce qu’en pratique un ou deux tombent.
3. Les quatre vérifications avant de choisir
C’est l’étape que les listes d’idées sautent. Un exemple vérifié le 4 novembre 2026 : une idée de nom proposée sur un site de conseil, « Le Comptoir des Saveurs », est une marque française enregistrée en classes 29, 30, 31 et 43. Le restaurateur qui l’aurait peinte sur sa façade se serait mis en faute.

Vérification 1 : les marques déposées (TMView et la base de l’INPI)
Les marques sont rangées en 45 classes. La classe 43 couvre les services de restauration et de bar : c’est celle qui compte en premier. Si vous vendez aussi des produits à emporter sous votre nom, regardez les classes 29 et 30 (produits alimentaires), et 32 et 33 pour les boissons.
Sur TMView, l’outil gratuit de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle, tapez le nom, filtrez sur la classe 43 et sur les offices France, Union européenne et OMPI. Cherchez le nom exact, puis les variantes qui se prononcent pareil. Une marque expirée n’empêche rien ; une marque enregistrée identique ou proche en classe 43 : on renonce. Doublez par la base des marques de l’INPI pour les dépôts français les plus récents.
Vérification 2 : les noms commerciaux et enseignes
L’article L711-3 du Code de la propriété intellectuelle (version en vigueur depuis le 15 décembre 2019) range parmi les droits antérieurs la dénomination sociale, le nom commercial, l’enseigne et le nom de domaine dont la portée n’est pas seulement locale. Cherchez votre nom dans l’annuaire des entreprises de l’État (annuaire-entreprises.data.gouv.fr), qui affiche aussi les enseignes déclarées, puis sur Google Maps dans votre ville et votre département. Un restaurant du même nom à deux rues de chez vous ne se discute pas : on change.
Vérification 3 : le nom de domaine
Le .fr suit la charte de nommage de l’Afnic (version du 6 juillet 2026) : lettres de l’alphabet français, accents compris, chiffres et tiret, 63 caractères au plus, ni tiret au début ni à la fin. Il est attribué au premier arrivé, à toute personne qui réside ou a son siège dans l’Union européenne, en Islande, au Liechtenstein, en Norvège ou en Suisse. Vérifiez le .fr et le .com ; si le nom nu est pris, une variante avec la ville ou le mot « restaurant » reste lisible.
Vérification 4 : les comptes sociaux et la fiche Google
Cherchez le nom sur Instagram et Facebook, et regardez s’il existe déjà une fiche d’établissement Google à ce nom dans votre ville. Un compte homonyme très actif captera vos clients ; une fiche du même nom dans votre zone mélangera les avis.
Ce que coûte un nom déjà pris : trois décisions récentes
Les décisions publiées par l’INPI montrent ce qui arrive quand la vérification n’a pas été faite. Nous les décrivons sans nommer les établissements.
- Tribunal judiciaire de Lyon, 9 avril 2024 (RG 20/05900). Un restaurant utilisait comme enseigne et dans son nom de domaine un mot identique à une marque verbale déposée en classe 43 pour des services de restauration. Condamnation : 44 738 € de dommages-intérêts, obligation de cesser d’utiliser le nom et le site sous trois mois, sous astreinte de 100 € par jour de retard.
- Tribunal judiciaire de Paris, 20 mai 2021, confirmé par la cour d’appel de Paris le 31 mars 2023 (RG 21/15179). Un restaurant de bols de poke portait un nom proche d’une marque déposée en classes 29, 30, 35 et 43. Il a dû abandonner ce nom, devenu aussi sa dénomination sociale, sous astreinte de 500 € par jour, et payer 5 000 € de dommages-intérêts plus 6 000 € de frais de procédure en première instance et 6 000 € en appel.
- Tribunal judiciaire de Lyon, 23 janvier 2024 (RG 19/07443). Un service de restauration universitaire utilisait un nom identique à une marque déposée : 9 000 € d’indemnisation et 6 000 € de frais de procédure.
Le point commun de ces trois affaires : le restaurant exploitait déjà le nom, parfois depuis plusieurs années, avec une clientèle, une présence sur les réseaux et une image de marque construite autour. C’est ce qui rend le changement si coûteux.
Ce qu’il faut retenir : aux sommes s’ajoute le coût de tout refaire, l’enseigne, les cartes, le site, les comptes et la fiche Google, souvent après des années d’avis accumulés sous l’ancien nom.
Idées de noms de restaurant par registre, vérifiées sur TMView
Ces idées ont été vérifiées le 4 novembre 2026 sur TMView : aucune marque en classe 43 aux offices France, Union européenne et OMPI. Une vérification vaut pour son jour : refaites les quatre vérifications le jour où vous choisissez, et ajoutez votre touche (votre rue, votre produit) pour que le nom devienne le vôtre.

| Registre | Idées | Pour quel concept |
|---|---|---|
| Jeu de mots | Le Riz Sotto ; Sel ou Jamais ; La Pause Pâtes | Risotto et cuisine italienne ; bistrot de marché ; pâtes fraîches du midi |
| Chaleureux | La Table du Soir ; Le Couvert Partagé ; La Soupière Ouverte | Restaurant de quartier ; tables d’hôtes ; cuisine familiale à partager |
| Chic | Maison Argile ; Ombre et Sel ; Lin et Laurier | Table gastronomique ; cuisine de produits ; restaurant de saison |
| Régional | Le Buron d’en Haut ; La Cocotte de Pays ; Les Trois Galets | Cuisine de montagne ; plats mijotés ; cuisine de bord de rivière |
| Étranger ou italien | Trattoria Fiorella ; Cucina Lenta ; Osteria Lume | Trattoria familiale ; cuisine lente et mijotée ; petite osteria du soir |
| Rigolo | Les Fourchettes Pressées ; Pas de Panique au Plat ; Le Plat du Jour d’Après | Restauration rapide de qualité ; cantine du midi ; cuisine anti-gaspillage |
Ce qui marche et le piège, registre par registre :
- Jeu de mots : il se retient, mais seulement s’il se comprend à l’oral. Un jeu de mots qui ne fonctionne qu’écrit se perd au téléphone et dans le bouche-à-oreille.
- Chaleureux : les mots de la table (couvert, tablée, cocotte) parlent à tout le monde ; ils sont aussi très utilisés, d’où la vérification de l’étape 3.
- Chic : deux mots simples et une matière (argile, lin, sel) font un nom haut de gamme ; méfiez-vous des noms qui ressemblent à une marque d’hôtel ou de cosmétique.
- Régional : un mot de terroir donne une origine, mais un nom d’appellation d’origine est protégé et ne se prend pas.
- Étranger ou italien : la langue annonce la cuisine ; « trattoria » ou « osteria » seuls sont partout, c’est le second mot qui vous distingue.
- Rigolo : il fait sourire une fois ; vérifiez qu’il tiendra quand vous servirez le même client pour la centième fois.
Vous ouvrez un bar plutôt qu’un restaurant ? Les classes et les pièges changent un peu : voyez notre guide nom de bar.
4. Déposer votre nom à l’INPI
Une fois le nom choisi et vérifié, déposez-le comme marque avant d’imprimer les cartes et de commander l’enseigne. Le dépôt en ligne coûte 190 € pour une classe et 40 € par classe supplémentaire (redevances de l’INPI pour 2026). Pour un restaurant, la classe 43 suffit le plus souvent ; ajoutez 29 ou 30 si vous vendrez des produits sous votre nom. La marque est protégée dix ans, renouvelables.
Après la publication de votre demande au Bulletin officiel de la propriété industrielle, les titulaires de droits antérieurs disposent de deux mois pour former opposition. L’INPI ne vérifie pas à votre place que le nom est disponible : la recherche des quatre vérifications reste à votre charge, et c’est elle qui vous protège d’une opposition.
Si vous vendez aussi des produits à emporter dans un petit magasin ou une épicerie attenante (sauces, pâtes fraîches, crèmes desserts), le dépôt dans les classes 29 et 30 protège ces étiquettes. Un conseil en propriété industrielle peut vous aider à choisir les classes et à rédiger le libellé si votre projet est plus large qu’un seul restaurant.
Le nom déposé devient la base de votre logo et de votre carte : la suite se lit dans notre dossier sur l’identité d’un restaurant.
Les erreurs qui coûtent et la parade
| Symptôme | Cause | Parade |
|---|---|---|
| Lettre d’avocat quelques mois après l’ouverture | Nom identique ou proche d’une marque en classe 43 | Vérifier sur TMView et la base de l’INPI avant de choisir |
| Clients qui confondent avec un autre restaurant | Homonyme dans la même ville | Chercher dans l’annuaire des entreprises et sur Google Maps |
| Le nom se comprend mal au téléphone | Jeu de mots qui ne fonctionne qu’à l’écrit | Faire le test du téléphone sur cinq personnes |
| Enseigne illisible depuis le trottoir d’en face | Nom trop long ou lettres fines | Raccourcir, ou garder un mot fort en grand |
| Nom à refaire après deux ans | Nom lié à un plat ou à une mode | Choisir un nom qui parle du lieu ou de l’esprit, pas d’un plat |
Questions fréquentes
Quel nom donner à mon restaurant ?
Un nom qui dit votre cuisine ou votre lieu, qui se prononce sans hésiter et qui passe les quatre vérifications : marques en classe 43, noms commerciaux et enseignes, nom de domaine, comptes sociaux.
Peut-on reprendre le nom d’un restaurant qui a fermé ?
Seulement après avoir vérifié qu’aucune marque n’est encore enregistrée à ce nom : un fonds fermé peut avoir laissé une marque valable dix ans à compter du dépôt.
Faut-il ajouter « restaurant » ou la ville au nom ?
Pas dans le nom lui-même, mais c’est une bonne variante pour le nom de domaine et les comptes sociaux quand le nom seul est déjà pris.
